Au cours des six dernières années, une nouvelle hiérarchie de villes dominantes en matière de capital-risque s'est dessinée à travers le continent. Cette évolution est portée par la dynamique des flux de transactions, les activités de levée de fonds, la création de sorties et une présence institutionnelle des investisseurs en constante progression. Ensemble, ces forces redessinent la carte de la concentration et de la croissance des capitaux africains.
Lagos, Nairobi, Le Caire et Le Cap continuent d'ancrer les flux de capitaux continentaux. En effet, les marchés du « Big Four » — le Nigeria, le Kenya, l'Afrique du Sud et l'Égypte — représentent encore environ 70 à 80 % du financement par capital-risque en Afrique, selon les données compilées par Partech et Briter Bridges. De plus, l'écart entre ces pôles et les autres marchés ne cesse de se creuser.
Lagos demeure le plus grand écosystème de capital-risque d'Afrique en termes de densité de startups, de présence d'investisseurs, de création de licornes et de capitaux déployés. Bien que le financement se soit refroidi après le boom de 2021 et 2022, la ville continue de dominer dans la fintech et dans la création d'entreprises soutenues par le capital-risque.
Nairobi, quant à elle, a enregistré la plus forte accélération en matière de financement par capital-risque, notamment dans les domaines de la tech climatique, des énergies propres, de la mobilité et de la fintech. En conséquence, l'Afrique de l'Est est devenue la plus grande région de financement en 2025, tandis que le Kenya est resté parmi les destinations les plus attractives du continent pour le capital-risque. Les analystes d'Africa : The Big Deal notent que le Kenya a mené l'année avec près d'un milliard de dollars levés.
Au-delà des centres établis, des pôles émergents tels que Kigali, Casablanca et Accra gagnent en dynamisme réel. Leurs scores de croissance signalent une confiance croissante des investisseurs et une distribution plus large des capitaux dans davantage d'économies.
Il ne s'agit pas simplement de croissance des startups. Cela reflète plutôt la formation de l'architecture des marchés de capitaux africains à long terme, un changement structurel que des institutions comme la Banque africaine de développement encouragent depuis longtemps. Alors que les capitaux mondiaux approfondissent leur intérêt, les investisseurs d'Asie et de la région du Golfe font de plus en plus partie de l'histoire.
Alors, que doivent faire les autres villes africaines pour devenir des pôles d'investissement et équilibrer la distribution des capitaux ? La réponse réside dans une réglementation plus solide, des pools de financement locaux plus profonds, des voies de sortie plus claires et une politique cohérente. Avec ces fondations, le prochain échelon de villes pourra convertir une dynamique précoce en écosystèmes durables et investissables.
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