Les États-Unis demandent désormais au Conseil de sécurité de l'ONU d'examiner un projet de résolution soutenu par Bahreïn sur le détroit d'Ormuz, après que des mois de pression militaire inconstitutionnelle directe contre l'Iran ont échoué à ramener le calme dans ce couloir maritime.
Le projet permettrait au Conseil de punir Téhéran par des sanctions et pourrait laisser la porte ouverte au recours à la force si l'Iran ne cesse pas les menaces ou les attaques visant le transport maritime commercial.

Les membres du Conseil de sécurité doivent entamer des discussions mardi. Le calendrier n'est pas anodin. Lundi, les États-Unis ont annoncé avoir détruit six petites embarcations iraniennes, tandis que des missiles iraniens ont frappé un port pétrolier aux Émirats arabes unis. L'incident a exercé une nouvelle pression sur une trêve de quatre semaines qui tient encore, même si les deux parties continuent de tester les limites autour d'Ormuz.
Ce projet intervient après que Washington a passé plusieurs mois à agir principalement en dehors du cadre onusien. L'administration Trump a mené des frappes contre l'Iran sans l'approbation du Conseil de sécurité et a pressé ses alliés de rejoindre des patrouilles navales temporaires autour d'Ormuz.
Le président américain Donald Trump a également critiqué les pays qui ne soutenaient pas pleinement les opérations maritimes menées par les États-Unis. Cette pression n'a pas résolu le problème. Les navires restaient bloqués, le risque assurantiel demeurait élevé et le détroit restait pris en étau entre des pressions militaires rivales.
L'incident de lundi a suivi le lancement du Projet Freedom, une initiative américaine visant à faire passer des pétroliers bloqués et d'autres navires par le détroit d'Ormuz. Washington associe désormais cette opération à un texte onusien qui confère à l'ensemble de la campagne une dimension diplomatique plus formelle. L'objectif est d'accroître la pression sur l'Iran tout en préparant ce à quoi la région pourrait ressembler si les combats cessent.
Le détroit d'Ormuz est d'une importance capitale car il constitue l'une des routes les plus importantes du monde pour le pétrole et le commerce. Tout trouble dans cette zone peut impacter les prix du brut, les coûts de fret, les anticipations d'inflation, le dollar et les actifs à risque.
C'est pourquoi les traders crypto suivent cela de près. Bitcoin ne traverse pas le détroit, évidemment, mais la liquidité peut encore en prendre un coup lorsque les marchés de l'énergie paniquent.
Ce n'est pas la première tentative de Bahreïn. Une précédente résolution bahreïnie soutenue par les États-Unis avait échoué après son blocage par la Russie et la Chine. Cette version semblait plus directement destinée à fournir une couverture politique aux actions militaires américaines contre l'Iran.
Le nouveau texte ne dit pas explicitement que le Conseil autorise le recours à la force. Mais il reste placé sous le Chapitre VII de la Charte des Nations Unies, la disposition qui permet au Conseil de sécurité d'approuver des mesures pouvant aller des sanctions à l'action militaire.
L'effort onusien se déroule en parallèle des discussions sur le MFC. Cet organe dirigé par les États-Unis travaillerait séparément d'une mission maritime franco-britannique impliquant une trentaine de pays. Le plan franco-britannique est axé sur le libre passage dans le détroit une fois la crise apaisée ou terminée, avec la coordination iranienne incluse dans le cadre.
Certains gouvernements ont clairement indiqué qu'ils souhaitaient un mandat de l'ONU avant d'envoyer des actifs militaires. Un document diplomatique informel transmis aux gouvernements indiquait :
« Le MFC est complémentaire des autres groupes opérationnels de sécurité maritime, y compris l'effort de planification maritime que le Royaume-Uni et la France dirigent. Le MFC restera structurellement indépendant, même si une coordination étroite est essentielle. »
Le secrétaire américain à la Défense Pete Hegseth s'est exprimé au Pentagone après les derniers développements. Interrogé sur la question de savoir si la flotte de petites embarcations iraniennes constitue une véritable menace ou simplement une nuisance, Pete a déclaré qu'elle devait être prise au sérieux. Il a indiqué que la stratégie américaine vis-à-vis de l'Iran est « focalisée au laser » et que Washington ne se laisse pas distraire.
Interrogé sur la question de savoir si les opérations américaines dans le détroit signifient que le cessez-le-feu est terminé, Pete a déclaré : « Non, le cessez-le-feu n'est pas terminé. » Il a ajouté : « Il s'agit d'un projet séparé et distinct. » Il a également exhorté l'Iran à être « prudent » et à maintenir ses actions en deçà du niveau susceptible de relancer la guerre. Sa conclusion était simple : « Pour l'instant, le cessez-le-feu tient. »
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